Robert Doisneau

5
Jan,2014

Entretien avec Francine Deroudille – Atelier Robert Doisneau

C’est dans L’Atelier Robert Doisneau, l’ancienne maison familiale de Montrouge, que j’ai rencontré Francine, une des deux filles du photographe en charge, avec sa soeur Annette Doisneau, du fond photographique de  450 000 négatifs de son père.   ◊ Robert Doisneau vous associait-il à sa vie professionnelle?   Notre vie de famille était totalement tricotée avec la photographie. L’atelier de mon père était dans la maison. Aujourd ‘hui c’est devenu mon bureau et lieu de travail. J’ai toujours vécu avec des odeurs d’hyposulfite et d’hydroquinone très tenaces dans toute la maison.Le laboratoire a été durant un temps installé dans notre salle de bains, on a toujours été des filles d’artisan faisant partie de la roulotte ! C’était quelqu’un qui pratiquait son métier avec beaucoup de sérieux et en même temps il avait une attitude qui semblait d’une totale décontraction et très  joyeuse. Il y avait une certaine dualité car on sentait c’ était l’activité essentielle de sa vie et de la nôtre.La vie de famille etait construite autour de la photographie,on posait beaucoup, on préparait la grande cantine avec ses films quand il partait pour des prises de vues.     ◊ Vous emmenait- il avec lui sur ses reportages?  



5
Jan,2014

Robert Doisneau au Pays des Sorgues…

  Les lieux inscrivent les histoires et les rencontres. C’est à L’isle sur la Sorgue dont l’écrivain René Char fut l‘enfant-poète , que s’installa durant la guerre le photographe Willy Ronis, ami de Robert Doisneau.Tous deux engagés par l’Agence Rapho à Paris, avaient en commun un regard humaniste, une amitié courtoise mutuelle puis des destins croisés tel le partage des eaux, là où la Sorgue se sépare en deux bras,transformant la ville en Venise provençale…     Ici  dans cette ancienne enclave du Comtat venaissin, la vie s’organise autour de l’eau, force vitale de la région et muse de nombreux  écrivains: Pétrarque écrivit ses plus beaux poèmes à Fontaine de Vaucluse non loin d’ici ,là où jaillit en un seul point la rivière de la Sorgue surgie des entrailles de la terre. La ville se construisit sur pilotis au milieu de marécages insalubres et eu dès le XI ème siècle une activité économique florissante grâce à l’énergie de l’eau qui faisait tourner les roues à aube: le blé était moulu, la laine, descendue des Monts du Vaucluse, peignée, la soie filée.Tour à tour, ville de pêcheurs,de tisserands,de papetiers puis de brocanteurs. L’isle sur la Sorgue aurait très certainement inspiré Robert Doisneau comme