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Juin,2015

Franche-Comté, terre de libertés (2ème partie)

Champagney, sur les chemins de l’abolition…

C’est une petite ville paisible aux jolis toits vernissés caractéristiques de la région de Franche-Comté dont nul ne soupçonnerait qu’elle fut un haut lieu historique.

Toit Franche-Comptois © K.HIBBS

La Franche-Comté a participé au devoir de mémoire inscrit dans le projet international de la Route des abolitions de l’esclavage lancé par l’Unesco en 2004. Deux sites sont situés sur cette route en Franche-Comté: le château de Joux non loin de la frontière suisse et la ville de Champagney, en Haute Saône qui sera le théâtre des premières protestations du peuple et de ses villageois le 19 Mars 1789 contre la traite négrière qui dura quatre siècles.

En 1971 sera créé le site officiel de la Maison de la Négritude et des Droits de l’Homme.Cette cave à vin sera transformée à l’initiative de Léopold Sedar Senghor, ancien Président de la République du Sénégal, en collaboration avec René Simonin, habitant de Champagney qui valorisera le fameux article 29 rédigé par les paysans comtois au XVIIIème siècle et dont l’original est conservé aux archives départementales de la Haute-Saône. En 1789 le Roi de France avait ses caisses vides et la situation politique et sociale du pays était très tendue. Louis XVI devra alors prendre une mesure exceptionnelle en réunissant les Etats Généraux et en réclamant des cahiers de doléance à tous les villages et villes de France.

 

fers d'esclaves :Maison de la Négritude

 

60 000 cahiers seront rédigés, relatifs aux impôts trop lourds et à la nécessité d’une plus grande égalité. Les villageois de Champagney demanderont dans leurs doléances l’abolition de l’esclavage. Ce phénomène était d’autant plus surprenant que l’on avait à faire à une population paysanne qui fut informée des événements dans les colonies lointaines par un de ses habitants l’officier Jacques-Antoine Priqueler, garde du corps du Roi Louis XVI, en permission dans sa ville natale de Champagney. Priqueler sera présent le 19 mars 1789 à Champagney, jour de la rédaction du cahier et a vraisemblablement diffusé auprès des habitants le courant abolitionniste qui commençait à se développer en leur montrant des gravures où l’on infligeait de terribles tortures aux esclaves fuyards, selon le Code Noir établit par les Colons.

Le Code Noir:maison de la négritude© K.HIBBS

 

 

Maison de la négritude© K.HIBBS

Cinq sites liés à des figures historiques appartiennent au réseau des Routes des abolitions de l’esclavage dans l’est de la France, adhèreront à cet état d’esprit: Champagney, la ville d’Embermenil en Lorraine où l’abbé Grégoire sera l’initiateur du décret de 1794 établissant la première abolition de l’esclavage de l’Histoire, le château de Joux dans le Doubs où sera emprisonné Toussaint Louverture, figure importante de l’émancipation des noirs, Soeur Javouey à Chamblanc en Bourgogne qui rachetait des esclaves en Guyanne puis les libérait et Victor Schoelcher à Fessenheim en Alsace qui fut le père de l’abolition définitive de l’esclavage.

Le site-musée de Champagney est particulièrement saisissant et émouvant grâce à une collection de gravures, de reproductions de documents historiques sans oublier la réplique de la cale d’un navire négrier.

 

 

Le Château de Joux dans le Haut-Doubs

Ce magnifique Fort,vieux de plus de 1000 ans, est situé sur la route du sel à l’entrée de la Cluse de Pontarlier.

(1)Château de Joux©CRT Franche Comté

 

(2) Château de Joux©CRT Franche Comté : C. Demolloy

La route en lacets qui y mène vous fera découvrir cette majestueuse bâtisse installée en haut d’un promontoire. Il fut de tous temps une place forte de défense s’étendant sur plus de 2 hectares. Durant la Révolution Française le Fort devint prison d’Etat, jouant le même rôle que la Bastille à Paris.

 

(3)Fort de Joux© K.HIBBS

 

 

(4)cellule de Mirabeau

 

Le Comte de Mirabeau y eut un statut de prisonnier très privilégié. Grâce à sa verve et ses talents d’orateur, il réussit même à obtenir des permissions l’autorisant à sortir du Fort !

En 1802, le premier général noir de l’armée française, Toussaint Louverture, qui avait mené la révolte des esclaves de St Domingue en 1791, fut arrêté par Napoléon Bonaparte après que ce dernier ait rétabli l’esclavage. C’est dans une cellule du Fort de Joux, sans lumière du jour ni chauffage que Toussaint Louverture s’affaiblit peu à peu et mourut à l’âge de 60 ans en Avril 1803.

 

(5)Toussaint Louverture©CRT Franche Comté

 

 

CRTFC_0000907.jpg

 

La visite de la cellule de Toussaint Louverture vous permettra de découvrir un très beau buste sculpté ainsi que quelques documents d’époque dans une atmosphère simple et austère retraçant sa fin de vie.

 

La Maison de la Négritude et des Droits de l’Homme

24 Grande Rue, 70290 Champagney

Tel 03 84 23 25 45

 

Château de Joux

Rue de la Grande Oie 25300 Houtaud

Tel 03 81 69 47 95

Visites guidées uniquement.

www.chateaudejoux.com

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Franche-Comté, terre de libertés (2ème partie)Ecris parKatherine HibbsMoyenne des votes1.5/5 - 2evaluations visiteur



A propos de l'auteur

Katherine Hibbs

Je suis une passionnée de l'image et de l'écriture. Photographe depuis plus de 30 ans d'abord dans la mode puis très vite dans le reportage et le domaine des expositions artistiques, j'ai exploré l'univers du film documentaire et de l'écriture. Je fais du journalisme depuis 10 ans comme pigiste et ai décidé de créer mon blog il y a un peu plus d'un an. Mon crédo: l'échange, l'écoute et le partage sans oublier la pratique des langues étrangères.. Si vous êtes gourmand, curieux, mélomane, et passionné, alors suivez mon itinéraire au fil des lieux...

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