Le Tonnerrois se révèle comme l’un des joyaux les plus méconnus de l’Yonne. Ici, les paysages composent une palette infinie de verts qui se métamorphose au fil des saisons. Des vignobles qui habillent les coteaux aux prairies traversées par le Serein, en passant par les vastes forêts, le regard est constamment captivé par cette mosaïque de couleurs et de lumières.
Au détour des chemins surgissent les cabottes, ces petites constructions en pierre sèche autrefois utilisées par les vignerons et les agriculteurs pour s’abriter des intempéries ou entreposer leurs outils. Elles témoignent du lien profond qui unit depuis des siècles les habitants à leur terroir. Dans l’Yonne, la terre nourrit autant les paysages que les savoir-faire.
Les forêts du Tonnerrois abritent également d’étonnants géants verts. Le long des sentiers, des œuvres de land art fusionnent avec la mousse et dialoguent avec la nature environnante. Les villages alentour, quant à eux, perpétuent l’héritage d’artisans passionnés qui font revivre un précieux patrimoine de gestes et de traditions.
Avec ses façades à pans de bois, ses remparts préservés et ses ruelles fleuries, Noyers-sur-Serein offre l’une des plus belles immersions dans la Bourgogne médiévale.

Vue de Noyers-sur-Serein © K.HIBBS
Marguerite de Bourgogne veille encore sur l’Hôtel-Dieu de Tonnerre
Petite-fille du duc Hugues IV de Bourgogne, Marguerite de Bourgogne épouse Charles d’Anjou, ce dernier disparaît en 1285. Devenue veuve, elle revient alors sur ses terres de Tonnerre, au cœur de la Bourgogne.
Traversée par l’Armançon, la cité est aujourd’hui célèbre pour son Hôtel-Dieu et la richesse de son patrimoine médiéval. Animée par une profonde volonté de charité, Marguerite souhaitait offrir aux pauvres, aux malades et aux pèlerins un lieu d’accueil et de soins digne de ce nom. En 1293, elle fonda l’Hôtel-Dieu de Tonnerre, considéré comme l’un des plus remarquables hôpitaux médiévaux d’Europe.

La salle des malades de l’hôtel-Dieu de Tonnerre © K.HIBBS
L’immense salle des malades impressionne encore par ses dimensions exceptionnelles : près de 90 mètres de longueur sous une spectaculaire charpente de chêne coiffée d’une voûte lambrissée. L’ampleur des moyens engagés témoigne de l’ambition de sa fondatrice. L’établissement fonctionnait alors selon une organisation proche de celle d’un monastère.
Dans la pénombre du chœur surélevé, une présence semble encore habiter les lieux. Réalisée par le sculpteur Pierre-Étienne Bridant, la statue de Marguerite de Bourgogne la représente assise avec une grâce souveraine, coiffée de sa couronne et enveloppée de son manteau royal. À ses côtés, l’allégorie de la Charité tient un cœur symbolisant son dévouement. La blancheur du marbre confère à son visage une présence presque vivante, comme si la fondatrice demeurait l’éternelle gardienne de son œuvre.

Statue de Marguerite de Bourgogne avec l’allégorie de la Charité-© K.HIBBS
Les collections du premier étage
L’apothicairerie, située au premier étage de l’Hôtel-Dieu, retrace plusieurs siècles d’histoire de la médecine. Pots, flacons et tiroirs racontent l’élaboration de remèdes à base de plantes, de minéraux et d’épices parfois rapportées de contrées lointaines.

Apothicairerie de l’Hôtel-Dieu – © Hôtel Dieu
La salle Courtanvaux, entre cuisine et herboristerie
Entouré de fermes, de jardins potagers, de rivières et d’étangs, l’Hôtel-Dieu bénéficiait d’un approvisionnement abondant en volailles, poissons, légumes et fruits frais. Cette autonomie alimentaire contribuait largement à la guérison des patients, souvent affaiblis par la malnutrition. Aménagée au XVIIIè siècle pour accueillir les pensionnaires les plus aisés, la salle Courtanvaux témoigne d’une autre manière de soigner, plus intime et presque domestique. Aujourd’hui, sa scénographie évoque cet héritage grâce à de nombreuses plantes séchées suspendues aux murs. Lavande, sauge, mélisse ou camomille rappellent les plantes médicinales cultivées autrefois dans les célèbres « jardins des simples ».

Salle Courtanvaux de l’hôtel Dieu © K.HIBBS

Vue des jardins de l’Hôtel Dieu avec statue de Marguerite de Bourgogne © K.Hibbs
Face à l’immense nef de l’Hôtel-Dieu, les jardins de Marguerite de Bourgogne prolongent cette histoire où le soin du corps allait de pair avec les bienfaits du monde végétal.
Une agréable boutique installée au rez-de-chaussée permet également de découvrir la cuvée Marguerite de Bourgogne, un Bourgogne Tonnerre blanc issu d’une vigne appartenant à l’Hôtel-Dieu, ou encore un Bourgogne Épineuil rouge, à savourer accompagné de gougères artisanales.
La Fosse Dionne, source légendaire de Tonnerre
Le nom de cette source mystérieuse viendrait de l’expression latine Fons Divina. Selon la tradition, elle aurait été placée sous la protection d’une divinité celtique nommée Divona, dont le nom se serait progressivement transformé en Dionne au fil des siècles.
Aujourd’hui encore, l’origine exacte du réseau souterrain qui alimente cette spectaculaire source vauclusienne demeure inconnue, alimentant les légendes qui l’entourent. Le bassin, facilement accessible grâce à un parcours fléché à travers Tonnerre, constitue l’un des sites les plus emblématiques de la ville. Son caractère exceptionnel lui a valu d’être sélectionné pour le Loto du Patrimoine.
Une promenade enchantée dans la forêt des Géants Verts
À quelques kilomètres de Tonnerre, la forêt d’Argentenay réserve une expérience inattendue. Ici, les sentiers ne conduisent pas seulement à travers les arbres : ils ouvrent la porte d’un monde imaginaire où la nature dialogue avec l’art.
Sur près de deux kilomètres, le visiteur progresse au milieu d’un univers peuplé de créatures étranges surgies de la mousse et du bois. Depuis 2014, la forêt des Géants Verts s’est transformée en un vaste musée à ciel ouvert grâce à l’imagination foisonnante d’Alain Bresson. Entre les fougères apparaissent des moutons laineux recouverts de mousse, des béliers conquérants, des chevaux fantastiques, des poissons volants et d’autres silhouettes énigmatiques qui semblent avoir toujours appartenu à ces sous-bois.
Chaque détour réveille les émotions de l’enfance, oscillant entre émerveillement, curiosité et légère inquiétude. Le promeneur avance comme dans un conte dont il découvrirait les chapitres au fil du chemin.

Série animaux extra-ordinaires d’Alain Bresson- Photo © K.HIBBS

Tête de bélier en céramique et bois par Alain Bresson Photo-© K.HIBBS

La fougue d’un cheval par Alain Bresson – Photo © K.HIBBS
Ancien céramiste devenu « artiste-bûcheron », Alain Bresson utilise les matériaux que lui offre la forêt pour composer une œuvre monumentale et profondément symbolique.
« À travers mes moutons recouverts de mousse, je voulais évoquer la passivité et le conformisme de l’être humain. À l’inverse, les béliers représentent la volonté, la combativité et l’esprit de conquête. »
Derrière l’apparente fantaisie du bestiaire se cache ainsi une réflexion sur notre société et nos comportements. Plus loin, des gisants envahis par la mousse, abordent les thèmes de la guerre et de la paix, invitant le visiteur à une méditation plus silencieuse. Marie-Laure se consacre tout particulièrement à la thématique de la paix dont ses oiseaux se font les messagers.
Quand la forêt devient un manifeste poétique
Depuis 2017, l’univers d’Alain Bresson s’est enrichi de la collaboration de sa compagne, Marie-Laure Herbigo, plasticienne et scénographe. Ensemble, ils ont fait de cette forêt un lieu de création à part entière.
De gigantesques plumes blanches semblent flotter entre les arbres. Des fougères monumentales surgissent de clairières secrètes. Des fleurs géantes éclatent de couleur sur les tapis de mousse verte. Chaque installation célèbre la beauté fragile du vivant tout en rappelant sa vulnérabilité.

Plume réalisée avec aplats de silicones sur moustiquaire par Marie-Laure Herbigo- Photo © ML. Herbigo

Pigeon par Marie-Laure Herbigo – Photo © ML. Herbigo
Marie-Laure Herbigo confie que rien n’est laissé au hasard et n’arrive pas par hasard !
« Alain avait un parent qui portait toujours une fleur à la boutonnière. Ce souvenir nous accompagne encore aujourd’hui. Chaque année après la Toussaint, nous récupérons les fleurs abandonnées dans les cimetières. Nous les repeignons avant de leur offrir une seconde vie dans la forêt. »
Ces fleurs ressuscitées deviennent alors les ambassadrices discrètes d’une démarche artistique fondée sur le recyclage, la mémoire et la transmission.

Fleurs géantes tombées d’une boutonnière de Marie-Laure Herbigo & Alain Bresson- Photo © K.HIBBS
Une forêt réinventée
Dans cette forêt aux sols pauvres et calcaires, où les arbres ont souvent peiné à atteindre leur plein développement, les deux artistes ont trouvé un formidable terrain d’expression. Chaque sculpture naît d’un dialogue intime avec le lieu.
« Je récupère tous les matériaux dans la forêt », explique Alain Bresson. « Je les retravaille ensuite dans mon atelier avant de les installer ici. Tout part d’une idée. Ensuite, il faut trouver les solutions techniques pour la rendre possible. C’est ce défi permanent qui me passionne. »
Au fil de la promenade, le visiteur comprend que la forêt des Géants Verts est bien davantage qu’un parcours de land art. C’est une œuvre en perpétuelle évolution, une parenthèse poétique où l’imaginaire se mêle au réel et où chaque création interroge notre rapport à la nature.
Entre rêve, humour et engagement, cette promenade singulière laisse une empreinte durable dans les mémoires. Comme si, le temps d’une balade, la forêt elle-même avait décidé de raconter ses histoires, égrenant son bestiaire comme des cailloux que laisserait derrière lui le Petit Poucet.

Les Gisants -Projet Guerre & Paix d’Alain Bresson et Marie-Laure Herbigo -Photo © K.HIBBS
Noyers-sur-Serein, entre Moyen âge, 7ème art et artisanat
À seulement vingt kilomètres de Tonnerre, Noyers-sur-Serein apparaît comme une parenthèse hors du temps. Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, ce joyau médiéval aux maisons à pans de bois, aux remparts préservés et aux ruelles fleuries a également séduit le monde du cinéma. En 1966, plusieurs scènes de La Grande Vadrouille, le film culte de Gérard Oury avec Bourvil et Louis de Funès, y furent tournées. Plus d’un demi-siècle plus tard, le village a conservé intact le décor qui avait charmé les équipes du film. Flâner dans ses rues, c’est ainsi voyager à la fois dans l’histoire médiévale de la Bourgogne et dans l’un des plus grands succès du cinéma français. Des personnalités fortes et créatives y ont posé leurs valises , tournant la page d’une vie antérieure pour la passion des métiers d’art.

Un passage couvert pavé de Noyers-sur-Serein- Photo © K.HIBBS

Grille rouillée -Photo © K.HIBBS

Maisons à colombage de Noyers-sur-Serein -Photo © K.HIBBS

Une adresse gravée dans la pierre – Photo © K.HIBBS
Célia Jacqueton, l’art de redonner vie aux sièges anciens
Dans la rue principale de Noyers-sur-Serein, les vitrines colorées de la Maison Plume attirent immédiatement le regard. Derrière cette adresse pleine de charme se cache Célia Jacqueton, tapissière d’ameublement passionnée, qui a fait de la restauration de sièges anciens son métier et son art de vivre.
L’aventure débute en 2016 lorsqu’elle crée son entreprise à son domicile. Un an plus tard, elle rachète une maison du village afin d’y installer son atelier. Avec son conjoint Pierre, viticulteur et restaurateur à Noyers-sur-Serein, elle entreprend alors quatre années de travaux pour transformer les lieux. L’ouverture de grandes vitrines sur la rue commerçante contribue rapidement à faire connaître son activité.

Devanture de la boutique-Atelier Maison Plume à Noyers-sur-Serein -Photo © K.HIBBS
Célia Jacqueton:
« Mon cœur de métier, c’est avant tout la restauration de sièges, mais aussi la confection de rideaux et de coussins décoratifs sur mesure », explique-t-elle. « Chaque projet est réalisé à la demande des clients et nécessite parfois l’intervention d’un ébéniste de la région de Tonnerre. Si les boiseries ne sont pas restaurées correctement en amont et qu’elles restent instables, la tapisserie ne pourra pas tenir durablement. »
Pourtant, rien ne destinait initialement Célia à l’artisanat. Pendant plusieurs années, elle travaille comme assistante de direction dans la finance à Paris. Sa reconversion naît d’une véritable passion pour les matières et les savoir-faire traditionnels.
« J’ai toujours aimé les tissus et le bois. Un jour, j’ai découvert le métier de tapissier à travers un documentaire. J’ai commencé par effectuer quelques stages d’initiation avant de me lancer dans une formation longue. »

Tissus d’ameublement et décoration intérieure de la Maison Plume- Photo © K.HIBBS
En 2015, elle obtient un CAP de tapissière d’ameublement à La Fabrique, anciennement Ateliers Grégoire. Durant un an, elle partage les bancs de l’école avec dix-huit autres stagiaires avant de se lancer à son compte.
Aujourd’hui, elle travaille avec plusieurs éditeurs de tissus d’ameublement français, anglais et italiens dont les collections sont présentées chaque année lors du salon Paris Déco Off.
Vingt heures de travail pour un fauteuil Voltaire
Sa clientèle est variée : habitants de la région, propriétaires de résidences secondaires venus de Paris ou encore touristes séduits par le charme du village. Dans son atelier, chaque siège suit un processus minutieux qui perpétue des gestes parfois inchangés depuis plusieurs siècles. Célia précise que pour un fauteuil Voltaire, il faut compter une vingtaine d’heures de travail. La restauration débute par le dégarnissage complet : retrait des clous, du tissu et des anciennes toiles. Viennent ensuite le sanglage de l’assise, la pose et la couture des ressorts, puis le guindage qui permet de leur donner leur forme et leur tension définitives. Le travail se poursuit avec la mise en place du crin végétal façonné en pelotes, puis le piquage qui structure l’assise. Une toile blanche, de la ouate et enfin le tissu de finition viennent recouvrir l’ensemble avant la pose des clous décoratifs ou du galon. Le choix du tissu est également essentiel. Les étoffes sont évaluées selon le test de Martindale, qui mesure leur résistance à l’usure. Tous les tissus utilisés par la créatrice ont été testés selon cette référence ce qui permet de garantir leur durabilité dans le temps.

Célia à l’œuvre- Photo © K.HIBBS
Une inspiration puisée dans le décor de Noyers-sur-Serein
Installée au cœur de l’un des plus beaux villages de Bourgogne, Célia Jacqueton puise son inspiration dans l’environnement qui l’entoure.
« Je vis et travaille ici. Le décor de Noyers-sur-Serein a beaucoup influencé la restauration de ma boutique. Il me semblait important d’apporter des touches de couleur dans les vitrines tout en respectant l’esprit du village. »
À travers chacune de ses réalisations, elle contribue à préserver un patrimoine souvent chargé d’histoire familiale. Un savoir-faire exigeant qui demande patience, précision et une solide endurance physique. À la Maison Plume, chaque fauteuil, chaque bergère ou chaque Voltaire retrouve ainsi une seconde vie, entre tradition artisanale et création contemporaine.
Yazmhil et Brice Corman : du Wyoming à Noyers-sur-Serein, un destin cousu de cuir
Difficile d’imaginer qu’au cœur des ruelles médiévales de Noyers-sur-Serein se cache une histoire qui débute à plusieurs milliers de kilomètres de là, dans les immenses plaines du Wyoming. Pourtant, c’est bien là que Yazmhil et Brice Corman ont forgé leur parcours hors du commun avant de poser leurs valises dans l’Yonne il y a dix-huit ans.
Originaires de Belgique, ils exercent aujourd’hui, depuis plus de trente ans, le métier de maroquinier. Mais leur aventure professionnelle trouve son origine dans un rêve de jeunesse.

Brice et Yazmhil Corman dans leur boutique de maroquinerie-Photo © K.HIBBS
Au début des années 1980, alors qu’il poursuit des études de droit, Brice découvre par hasard un article consacré à un élevage de bisons dans l’Ouest américain. Fasciné, il décide d’écrire à l’ambassade des États-Unis pour obtenir davantage d’informations. Sa lettre est transmise au département américain de l’Agriculture qui diffuse sa demande auprès de plusieurs éleveurs.
Quelques semaines plus tard, une réponse arrive du Durham Ranch, dans le nord-est du Wyoming. L’exploitation est à la mesure des paysages américains : 33 000 hectares et près de 4 000 bisons.
Brice s’envole pour le Wyoming. Yazmhil le rejoint peu après. Ce qui devait être une simple expérience se transformera en une aventure de vingt ans au cœur des Rocheuses américaines.

Yazmhil et un bison dans le Wyoming -Photo © Corman
Sur le ranch, Brice obtient l’autorisation de récupérer les peaux de deux jeunes bisons morts naturellement. Curieux de découvrir les possibilités offertes par cette matière exceptionnelle, il commence à travailler le cuir et réalise ses premières créations.
« C’est ainsi que tout a commencé !», raconte-t-il avec le sourire.
L’esprit du Wyoming dans les ruelles de Noyers
Aujourd’hui encore, les grands espaces américains continuent d’inspirer leurs créations.
Installés dans leur boutique-atelier de Noyers-sur-Serein, les deux artisans travaillent côte à côte six jours sur sept. Leur complémentarité est l’une des clés de leur réussite. Brice dessine les modèles tandis que Yazmhil réfléchit à leur fonctionnalité : organisation intérieure, systèmes d’ouverture, choix des couleurs et confort d’utilisation.
Le couple réalise de petites collections en édition limitée où dominent les couleurs vives et les lignes intemporelles. Les sacs sont confectionnés à partir de peaux de veau et de vachette provenant principalement de France et d’Italie. Le tannage est confié à des ateliers situés en Alsace et à Espelette au pays basque.

Brice et sa copie conforme dans son atelier- Photo © K.HIBBS
« Près d’un tiers de notre clientèle est américaine », explique Brice. « Les visiteurs venus des États-Unis nous font facilement confiance. Ils nous demandent souvent notre fameux sac à franges inspiré de l’univers western. En réalité, beaucoup de nos modèles s’inspirent de formes qui existent depuis plus d’un siècle. ».
Ici la clientèle est aussi variée que fidèle.
« Aujourd’hui, nos clientes ont entre 20 et 92 ans. Ici, il n’est pas rare que plusieurs personnes se regroupent pour offrir un sac lors d’un anniversaire ou d’un événement familial. » déclare Brice avec fierté.

Yazmhil piquant le cuir dans l’atelier- Photo © K.HIBBS
L’essor d’un village d’artisans
Lorsque Yazmhil et Brice s’installent à Noyers-sur-Serein au début des années 2000, le paysage artisanal est encore discret.
« À notre arrivée, il y avait peu d’artisans dans le village, à l’exception de quelques potiers installés sur la place voisine », se souvient Yazmhil. « Au fil des années, une véritable dynamique s’est créée. De nouveaux créateurs sont venus s’installer et l’émulation s’est développée. Nous avons même accueilli récemment une brodeuse. »
Entre l’Amérique des grands espaces et la Bourgogne médiévale, Yazmhil et Brice Corman ont tissé un pont inattendu. Leurs créations racontent cette double appartenance : l’élégance artisanale européenne associée à un souffle venu des plaines sauvages du Wyoming.
Stéphanie Wahl céramiste: rencontre avec la terre
Stéphanie travaille inlassablement derrière son tour de potier. Ici un tas de bouquets de fleurs séchées emballées dans du papier blanc ornent les murs de son atelier . Une ancienne balance sert à peser les mottes de grès qui serviront à élaborer ses créations. Très déterminée, la jeune femme est enveloppée dans un grand tablier bleu de chine , les yeux cerclés de lunettes rondes, tandis que ses mains pétrissent le grès:

Stéphanie Wahl dans sa boutique -atelier de céramique- Photo © K.HIBBS
« J’ai travaillé durant 20 ans dans la communication et le tourisme de l’Yonne et mon projet a lentement mûri. J’ai pu , a cette occasion rencontrer de nombreuses personnes qui voulaient vivre un changement de vie ici dans l’Yonne et cela a été le déclic! Petite fille , quand j’habitais en Seine et Marne, je venais rendre visite à ma grand-mère qui habitait Noyers- sur-Serein, le village était ma résidence secondaire! ».

Un joli pique fleur conçu par Stéphanie Wahl -Photo © K.HIBBS
En 2015 Stéphanie prend des cours du soir hebdomadaire à Noyers pour apprendre la céramique avec Claire et Andy Squire. La jeune femme s’intéresse également à la communication et l’expertise dans la vente d’artisanat et se nourrit de l’expertise de diverses entreprises inspirantes comme celle des couleurs Leroux à Joigny.
« J’ai commencé à créer des boutiques éphémères de bijoux, tout en continuant à travailler dans la communication. »
Finalement Stéphanie se lance dans une formation au CNIFOP qui l’absorbe 8 heures par jour afin d’obtenir son CAP de poterie; Elle se consacre à sa passion depuis maintenant 5 ans, utilisant du grès local de St Amand et du grès blanc venu de Puisaye.

Stéphanie derrière son tour – Photo © K.HIBBS
» J’ai ce besoin constant de tourner et de laisser mes mains penser pour moi!« .
De mars à Octobre, Stéphanie propose des stages d’initiation dans sa boutique-atelier comprenant un module de modelage et également de tournage.
« Je dis à mes élèves qu’il faut oser sinon la terre fait ce qu’elle veut ! ».
Par ailleurs les clients de la potière lui achètent des pièces présentées dans sa boutique ou bien réalisées sur commande. Le temps de quelques photos et d’un échange passionné, Stéphanie a réalisé sur son tour un magnifique vase !

Vase en grès -Photo © K.HIBBS






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