Le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne

par | Oct 5, 2022 | Expositions, France

 

 

Le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne  a été créé en 1922 et a ouvert ses portes au public en 1924. Divers comités de propagande se sont déplacés dans les villages pour encourager sa création. Au départ le musée recevait des dons et de nos jours il est en mesure de réaliser ses propres acquisitions. Ce très bel espace comporte 2000 objets illustrant les différents aspects de la culture basque sur 3000 mètres carrés et une vingtaine de salles. Les réserves du musée se trouvent sur le site de Château-Neuf (ancienne forteresse du 15è siècle) comportant plus de 85 000 objets. On peut également y consulter des documents anciens et contemporains dans son centre de documentation. Les pièces les plus intéressantes sont présentées au musée et illustrent les différents aspects de la culture locale. Le Musée Basque a répondu à l’attente d’érudits qui s’inquiétaient que le pays devienne moins traditionnel. Ce lieu de mémoire et de traditions est abrité dans une des plus anciennes maisons de Bayonne du début du 17è siècle. Classée Monument Historique, elle fut construite pour un négociant bayonnais, Monsieur Dagourette. Il vivait dans les étages et stockait ses marchandises au rez-de-chaussée où se trouvaient les entrepôts. Bayonne était alors un port de marchandises très actif sur la Nive et l’Adour.

Le Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne/aufildeslieux.fr/ Sare ,huile sur toile de Pierre Labrouche (1876-1956) crédit photo © K.Hibbs

Sare, huile sur toile de Pierre Labrouche (1876-1956) crédit photo © K.Hibbs

Rituels basques
Les rituels basques comportent une étonnante collection de stèles, tout comme dans les pays celtes.  Ces stèles ont été introduites au 15è et 16è siècles au Pays basque. On trouve trois formes distinctes: la stèle dite discoidale, très présente au Pays basque français, avec un socle en forme de trapèze et la partie supérieure en forme de disque. La collection comporte également des stèles dites cruciformes ainsi que des stèles tabulaires en forme de grands rectangles de pierre qui sont fichés dans le sol. On trouve celles-ci essentiellement au Musée San Telmo de San Sebastian qui cherche à favoriser une réflexion sur des moments et des événements qui ont été primordiaux dans la formation et le développement du Pays basque depuis la préhistoire jusqu’au 17è siècle.
Quand on les observe bien elles comportent toutes, recto-verso, un décor différent. Chaque pierre a sa propre identité. Certaines thématiques païennes sont en lien avec les croyances anciennes du peuple basque et représentent les différentes forces de la nature telle que celle du soleil ou des étoiles.
 
Les scènes de danse
La section liée aux fêtes et aux jeux est particulièrement remarquable notamment avec une série de peintures d’artistes régionaux illustrant la vie et les fêtes locales ainsi qu’une salle dédiée aux jeux de pelote et de paume basques.
La toile du peintre Ribera intitulée Danse nationale, le fandango à St-Jean- de- Luz a été présentée au Salon de 1900. Ribera a peint plusieurs versions de cette toile faisant évoluer ses personnages selon la mode vestimentaire du moment. Le tableau visible au musée basque date de 1930.
Ramiro Arrue, peintre et céramiste de Bilbao, nous transporte dans une autre vision du fandango à travers une toile de forme longitudinale Dantzari ou le Fandango. Ce tableau a possiblement fait partie du décor du Bar Basque de Biarritz en 1926. Le fandango est dansé de l’Andalousie et  l’Extrémadure jusqu’aux Asturies et au Pays basque.

 

Le Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne/aufildeslieux.fr/ Danse nationale, le fandango à St-Jean- de- Luz, toile de Ribeira © K.Hibbs

Danse nationale, le fandango à St-Jean-de-Luz, toile de Ribeira © K.Hibbs

Le Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne/aufildeslieux.fr/ Dantzari ou le Fandango , toile de Ramiro Arrue-Crédit photo © K.Hibbs

Dantzari ou le Fandango , toile de Ramiro Arrue-Crédit photo © K.Hibbs

 

Le Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne/aufildeslieux.fr/ Les Danseurs souletins de Jean Lesquibe ©K.Hibbs

Les Danseurs souletins de Jean Lesquibe ©K.Hibbs

Les Danseurs souletins de Jean Lesquibe ont été réalisés sous la forme d’une mosaïque exécutée pour le décor du Café Farnié à Bayonne. Ce tableau illustre la tradition de la mascarade souletine (Xiberoko maskarada) qui constitue un rite carnavalesque itinérant de village en village entre janvier et avril. La mascarade mélange chant, danse et musique. Les danseurs surnommés les rouges (gorriak)  sont toujours bien habillés, exécutant des danses connues dans leurs villages et composées de pas très techniques (bakun, frisat, entrexat…), on peut le voir à gauche du tableau. Ils sont accompagnés par le son de la txürüla (flûte à trois trous), du ttun-ttun (instrument traditionnel à corde) et de l’atabala (tambour). Le Txerrero, « le gardien du troupeau de porcs »,au milieu sur le tableau, est un autre danseur qui porte la txerra, bâton terminé par une queue de cheval, avec laquelle il ouvre la mascarade balayant les mauvais esprits du sol . La Kantiniersa, « la cantinière », située à droite du tableau , porte un tonnelet à la ceinture ainsi qu’un costume bleu et rouge.  Elle transporte des provisions dans son tablier.
La vie rurale 
Le Musée Basque présente une belle collection de ces meubles uniques ainsi que de nombreuses reconstitutions de l’habitat en milieu rural ainsi que  de maisons basques traditionnelles.
Depuis le XVIe siècle, la société basque produit des meubles dont les motifs gravés intègrent les éléments de la cosmogonie et de la tradition locales. Dans les années 1920, des créateurs revisitent ces thèmes, sous l’influence de l’Art déco, et transforment un style domestique traditionnel en un style esthétique conçu par des architectes ou des dessinateurs.

 

Le Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne/aufildeslieux.fr/ Mobilier néo-basque © K.Hibbs

Mobilier néo-basque © K.Hibbs

 

Le jeu de pelote basque mis à l’honneur

Le tableau de Georges Masson réalisé en 1937 représentant le trinquet St André de Bayonne (un des plus anciens de France) nous plonge dans cette ambiance très particulière de cette ancienne salle de jeu de paume créée dès le début du XVIIème. Elle devient un trinquet à la fin du XIXème, lorsque l’aire de jeux est légèrement modifiée pour permettre la pratique de la pelote basque. Lors d’une visite immersive à Bayonne ( qui fera l’objet d’un prochain article) il sera intéressant de visiter ce trinquet qui est resté  » dans son jus  » et toujours en état de fonctionnement ! On a le droit de jouer sur les 4 murs du trinquet à mains nues ou encore avec une raquette plate appelée la pala et on parie depuis les tribunes qui surplombent la salle.

 

Le Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne/aufildeslieux.fr/ Trinquet St André de Bayonne peint par Georges Masson - Crédit photo ©K.Hibbs

Trinquet St André de Bayonne peint par Georges Masson – Crédit photo ©K.Hibbs

 

 

Le Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne/aufildeslieux.fr/ Salle de pelote basque , pala et chistera au Musée Basque- Crédit photo © K.Hibbs

Salle de pelote basque, pala et chistera au Musée Basque- Crédit photo © K.Hibbs

 

De nombreuses variétés de palas, chisteras et pelotes sont exposées au musée. Celui -ci a reçu la visite d’un petit groupe de paumiers venus apprécier, en connaisseurs, les collections consacrées à la pelote basque et à son ancêtre, le jeu de paume. Une raquette ayant appartenu à Émile Broquedis, neveu du propriétaire du trinquet St-André y est présentée. Dans un prochain article nous découvrirons la tradition et l’art de la fabrication des palas et des chisteras.

 

Le Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne/aufildeslieux.fr/ Joueur de chistera peint par Gaston-Pierre Galey-Crédit photo © K.Hibbs

Joueur de chistera peint par Gaston-Pierre Galey-Crédit photo © K.Hibbs

*****
Renseignements pratiques

Musée Basque et de l’histoire de Bayonne
37 Quai des Corsaires- Bayonne
www.musee-basque.com

Remerciements

www.paysbasque-tourisme.com
www.visitbayonne.com

Twitter

Suivez-nous sur Facebook

Suivez-moi sur Facebook

Partager

0 commentaires