La beauté des lignesLa Beauté des lignes

par | Oct 8, 2018 | Événements, Expositions

Gustave Caillebotte était mécène de ses contemporains, les impressionnistes. Aujourd’hui la propriété conserve cet état d’esprit avec la présentation de l’exposition La Beauté des lignes rassemblant 123 œuvres de la collection photographique exceptionnelle de Sondra Gilman et Celso Gonzalez-Falla jusqu’au 2 décembre 2018. L’exposition a été préparée et présentée par le musée de l’Elysée de Lausanne et voyagera ensuite jusqu’à Barcelone.Tatyana Franck, directrice du Musée de l’Elysée et Pauline Martin, conservatrice du même établissement, ont porté un regard personnel sur cette collection américaine faisant partie de celles des plus grands collectionneurs privés d’oeuvres photographiques au monde. L’ensemble des tirages présentés sont d’époque (« vintage ») et contemporains de la prise de vue de leurs auteurs respectifs.

La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/Breve Orizzonte ,1995 ©Augusto Cantamessa/ Galleria Losano

Breve Orizzonte ,1995 ©Augusto Cantamessa/ Galleria Losano

 

La genèse de la collection Gilman- Gonzales -Falla


C’est à l’entrée de l’exposition que le public découvrira trois tirages du photographe français Eugène Adget qui furent le point de départ de la collection. Sondra Gilman a fait des études aux beaux- arts  de New-York dans des disciplines académiques telles que peinture et sculpture. Elle éprouvera un véritable choc émotionnel à l ‘occasion de la visite d’une exposition photographique d’Adget au MoMA de New York : «  À la suite de cette visite de l’exposition d’Eugène Adget, j’ai eu une révélation et j’ai été totalement bouleversée. J’ai demandé à mon ami le conservateur du MoMA John Szarkowski de m’enseigner les grandes lignes de l’art photographique, c’est ainsi que tout a commencé. Je suis tombée sur trois photos d’Adget qui m’ont littéralement subjuguée et je les ai achetées pour 250 dollars chacune, c’était dans les années 70 , elles n’avaient pas beaucoup de valeur à l’époque». En plus de sa passion pour la photographie, Sondra Gilman a consacré une grande partie de sa vie au théâtre américain en tant que productrice.

La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/ Ossining people in summer -NY state town -1931 ©Walker Evans Archive , The Metropolitan Museum of Art

Ossining people in summer -NY state town -1931 ©Walker Evans Archive,The Metropolitan Museum of Art

Quant à Celso Gonzalez-Falla, l’époux de Sondra Gilman, il considère que «  c’est l’artiste et non le collectionneur qui contribue à l’histoire de l’art. Le collectionneur aide, grâce à sa collection, à préserver et à montrer les meilleurs exemples d’une période artistique. Sans les collectionneurs et leurs collections, illustrer, expliquer et comprendre l’histoire de l’art serait difficile ».

 

La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/The pale yellow cadillac,Sadie,Portland ,Maine,2010 © Cig Harvey

The pale yellow cadillac,Sadie,Portland ,Maine,2010 © Cig Harvey

 

  Dans leur demeure new-yorkaise de l’Upper East Side, le couple de collectionneurs a créé un véritable lien d’intimité avec les photographies qui sont soit accrochées aux murs ou bien stockées et conservées dans une petite salle qui leur est spécialement dédiée. À la question posée à Sondra sur son œuvre préférée, elle vous répondra sans hésiter : « They are all my babies ! » ( ce sont toutes mes enfants !).

 

 

 La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/Chez Sondra et Celso Gonzalez -Falla © Ayline Olukman

Chez Sondra et Celso Gonzalez -Falla © Ayline Olukman

Pour  obtenir une photographie Sondra et Celso attendront parfois 20 ans  afin d’acquérir le tirage voulu, ce fut le cas notamment de la photographie Unmade bed réalisée par Imogen Cunningham. Selon Sondra Gilman, la collection doit préserver une certaine cohérence à travers une vraie discipline dans l’acquisition de nouvelles œuvres : « Nous avons décidé de ne pas ajouter davantage de photographies des artistes qui figuraient déjà dans notre collection à moins qu’elles ne contribuent fortement à approfondir la compréhension du travail de l’artiste ».

 Le parcours de l’exposition

Les lignes de force sont le thème générique des photographies présentées à la Ferme Ornée au domaine Caillebotte. La ligne droite documente le réel tout en dénonçant les problèmes de société dans la photographie de Lewis Hine On the Hoist,Empire state building 1931.

 

 La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/ On the hoist,Empire state building,1931 ©Lewis Hine

On the hoist,Empire state building,1931 ©Lewis Hine

 Cette image d’un ouvrier perché au sommet de poutrelles métalliques est une critique ouverte des conditions de travail d’une époque en pleine industrialisation.On remarquera également le travail en couleur de Stéphane Couturier connu pour ses séries Urban archeology ou encore Melting point sur la manière dont les cultures modernes construisent et détruisent simultanément.

 

 La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/ Barendrecht n°1,2004 © Stéphane Couturier / la Galerie Particulière

Barendrecht n° 1, 2004 © Stéphane Couturier Courtesy La Galerie Particulière, Paris, Bruxelles

 La ligne droite participe à évoquer par ailleurs, rigueur, enfermement et nature domestiquée par l’homme. Le photographe Robert Adams fera partie dans les années 1970 du mouvement des nouveaux topographes ,dénonçant l’impact de l’être humain sur la nature.

 

 La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/ Dryopteris filix,wurmfarn( common male fern) 1928 © Karl Blossfeldt (1865-1932)

Dryopteris filix,wurmfarn( common male fern) 1928 © Karl Blossfeldt (1865-1932)

 À l’opposé les lignes courbes du corps humain ou encore des détails sensuels voire érotiques trouvés dans la nature sont traduites dans les œuvres d’Edward Weston, Karl Blossfeldt ou encore Robert Mapplethorpe.

 

 La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/ Man's back ,Horse's back ,Camargue,France © Laurent Elie Badessi

Man’s back ,Horse’s back ,Camargue,France © Laurent Elie Badessi

Ansel Adams à travers son oeuvre Joshua tree se fera le fervent défenseur de la nature aux Etats -Unis allant jusqu’à faire classer les parcs nationaux américains.

L’abstraction des formes sera représentée à travers les œuvres de Minor White, photographe très important de l’abstraction aux Etats -Unis  ainsi qu’une très belle photo du photographe cubain Abelardo Morell, Book with wavy pages.

 

 La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/ book with wavy pages©Abelardo Morell-1948, Cuba

Book with Wavy Pages, 2001 © Abelardo Morell_Courtesy of the artist and Edwynn Houk Gallery, New York and Zurich

 

Sondra Gilman et Celso Gonzalez -Falla ont donné carte blanche quand à l’organisation et à la scénographie de leur exposition.

 

 

 La beauté des lignes/aufildeslieux.fr/ Exposition La Beauté des lignes/ Sondra Gilman photographiée par Robert Mapplethorpe ©K.Hibbs

Exposition La Beauté des lignes/ Sondra Gilman photographiée par Robert Mapplethorpe ©K.Hibbs

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La Beauté des lignes, collection photographique Gilman-Gonzalez -Falla
Ferme Ornée,centre d’art et d’expositions et Orangerie
Du 15 mars au 2 décembre 2018,du mardi au dimanche, de 14h à 18h30
10 Rue de Concy,91330 Yerres
Accès par le RER D.

 

 Gustave Caillebotte was a patron of his contemporaries, the Impressionists. Today the property retains this state of mind with the presentation of the exhibition La Beauté des lignes (The Beauty of lines) gathering 123 works from the exceptional photographic collection of Sondra Gilman and Celso Gonzalez-Falla until December 2, 2018. The exhibition was prepared and presented by the Elysée Museum in Lausanne and will then travel to Barcelona.Tatyana Franck, director of the Elysée Museum and Pauline Martin, curator of the same establishment, took a personal look at this American collection that is part of from the largest private collectors of photographic works in the world. All the prints presented are vintage (« vintage ») and contemporaneous with the shooting of their respective authors.

The genesis of the Gilman-Gonzales -Falla collection

It is at the entrance of the exhibition that the public will discover three prints of the French photographer Eugène Adget who were the starting point of the collection. Sondra Gilman studied Fine Arts in New York in academic disciplines such as painting and sculpture. She will experience a real emotional shock during a visit to a photographic exhibition of Adget at MoMA in New York: »Following this visit to Eugene Adget’s exhibition, I had a revelation and was totally upset. I asked my friend MoMA curator John Szarkowski to teach me the basics of photographic art, so it all started. I came across three photos of Adget that literally subjugated me and I bought them for $ 250 each, it was in the 70’s, they did not have much value at the time « . In addition to her passion for photography, Sondra Gilman has devoted much of her life to American theater as a producer.

 As for Celso Gonzalez-Falla, husband of Sondra Gilman, he considers that « it is the artist and not the collector who contributes to the history of art. The collector helps, through his collection, to preserve and show the best examples of an artistic period. Without collectors and their collections, illustrating, explaining and understanding the history of art would be difficult ».

 In their New York home on the Upper East Side, the collectors have created a real bond of intimacy with photographs that are either hung on the walls or stored and kept in a small room dedicated to them. When asked about her favorite work, Sondra will answer without hesitation: « They are all my babies! (These are all my children!) « .

 To obtain a photograph Sondra and Celso will sometimes wait 20 years to acquire the desired print, this was the case of the photograph Unmade bed by Imogen Cunningham. According to Sondra Gilman, the collection must preserve a certain coherence through a real discipline in the acquisition of new works: « We decided not to add more photographs of the artists who were already in our collection unless they contribute strongly to deepen the understanding of the artist’s work « .

 

 Visiting the exhibition


The lines of force are the generic theme of the photographs presented at the Ornée Ferme of  the Caillebotte domain. The straight line documents the real while denouncing societal issues in Lewis Hine’s On the Hoist, Empire State Building 1931.

 This image of a worker perched on the top of metal joists is an open criticism of the working conditions of an era in full industrialization. Note also the color work of Stéphane Couturier known for his series Urban archeology or Melting point on the the way modern cultures build and destroy simultaneously.

 The straight line participates in evoking besides, rigor, confinement and nature domesticated by the man. The photographer Robert Adams will be part of the 1970s movement of new topographers, denouncing the impact of humans on nature.

 In contrast, the curvaceous lines of the human body or the sensual and even erotic details found in nature are reflected in the works of Edward Weston, Karl Blossfeldt and Robert Mapplethorpe.

Ansel Adams through his work Joshua tree will be the fervent advocate of nature in the United States to rank American national parks.

The abstraction of forms will be represented through the works of Minor White, a very important photographer of abstraction in the United States, as well as a very beautiful photo of the Cuban photographer Abelardo Morell Book with wavy pages.

Sondra Gilman and Celso Gonzalez -Falla gave carte blanche to the organization and scenography of their exhibition

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La Beauté des lignes (The Beauty of lines), Gilman-Gonzalez-Falla photographic collection
Ornate Farm, Art and Exhibitions Center and Orangery
From March 15 to the 2 nd

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